Devoirs pour les vacances, CM2
Pendant ces vacances, il est très important de continuer à lire. J'espère que tu as un stock de romans à la maison ; si ce n'est pas le cas, n'hésite pas à relire un livre. Je te mets ci dessous un nouveau tapuscrit. Je sais que ce n'est pas l'idéal (lire sur un écran n'est ni agréable ni très bon pour les yeux). Si tu en as la possibilité, imprime-le. Cette lecture n'est pas obligatoire (si tu ne peux imprimer et si tu as d'autres lectures, évite)
A la suite du roman, tu trouveras 3 exercices de mathématiques.
A la suite du roman, tu trouveras 3 exercices de mathématiques.
Passe de bonnes vacances, écris, dessine et lis. Si tu as la chance d'avoir un accès extérieur (jardin, terrasse, balcon...) profites-en et sors.
à bientôt.
Le
coupeur de mots
de
Hans Joachim Schädlich
Le
lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi et le
samedi, à six heures trente précises, le gros réveil sonne si
fort, juste à l'oreille de Paul, que Paul croit rêver d'un gros
réveil qui sonnerait très fort, juste à son oreille. Mais comme
c'est un rêve, ou que tout au moins Paul le croit, il se tourne de
l'autre côté pour se rendormir. Mais comme le réveil sonnait si
fort dans le rêve de Paul que Paul s'est éveillé, Paul s'éveille,
se retourne et regarde à six heures trente précises le gros réveil
qui vient juste de sonner. Ce réveil ne sonne décidément pas, se
dit Paul, j'ai donc bien rêvé.
Qu'est-ce
que Paul devrait faire? se demande Paul. Il réfléchit un
moment, puis ça lui revient : s'asseoir dans son lit, repousser la
couverture, poser les pieds par terre. Ouh! Quel froid! Paul se
recouvre jusqu'au menton.
Sinon,
pas un bruit. A moins que? Non, pas un bruit. Paul ferme les yeux et
se dit: le sommeil qui vient après le réveil est le meilleur
sommeil.
C'est
alors que la porte s'ouvre; la maman de Paul crie d'une voix bien
trop forte: «Debout, Paul!» Elle allume une lumière bien trop
éblouissante. La voix bien trop forte de la maman de Paul et
cette lumière bleue trop éblouissante, ç'en est trop pour Paul!
Finis le lit chaud et le meilleur sommeil après le réveil.
Paul
s'assied dans son lit, repousse la couverture et pose les pieds par
terre. Ouh ! Encore plus froid que Paul ne l'avait pensé.
Quand
il fait froid, le matin, Paul inverse toujours l'ordre des
opérations: il commence par s'habiller, puis il se lave.
Le
petit déjeuner de Paul ne prend pas plus de cinq minutes. Paul n'est
pourtant pas pressé d'aller à l'école.
Sur
le chemin de l'école, il y a toujours quelque chose à voir. Et
pourquoi Paul ne regarderait-il pas lorsqu'il y a quelque chose à
voir? Plus d'une fois, déjà, Paul est arrivé en retard parce qu'il
avait regardé ce qu'il y avait à voir. Dans ces cas-là, il dit
qu'il s'est rendormi. Un jour, il a dit qu'il y’avait eu trop de
choses à voir en chemin. Mais lorsque le maître lui a demandé ce
que c'était, Paul n'a plus eu envie de raconter. Alors le maître a
décrété que c'était une mauvaise excuse de la part de Paul, parce
que Paul ne voulait pas avouer qu'il s'était rendormi.
Depuis
ce jour, Paul prend le chemin de l'école à sept heures précises.
Et la maman de Paul demande tous les matins : «Pourquoi pars-tu si
tôt, Paul? » Mais elle ne s'étonne pas outre mesure. Elle sait
qu'il lui faut toujours beaucoup de temps. Par conséquent, elle
trouve finalement que Paul a raison de partir si tôt.
La
première chose que voit Paul est un arbre blanc géant qui flotte
dans le ciel au-dessus de la tête de Paul. Un arbre-du-ciel qui
flotte, se dit Paul. Un arbre géant, blanc. Un arbre blanc, géant.
Un géant du ciel, un arbre blanc. Un arbre géant, blanc, dans le
ciel. Au bout de sept pas, Paul va très lentement, l'arbre est un
éléphant. Six pas plus loin, l'éléphant est une locomotive.
Cinq pas plus loin, la locomotive est un lit. Le vent fait du nuage
ce qu'il veut: arbre-nuage, éléphant-nuage, locomotive-nuage,
lit-nuage.
Paul,
qui se sent encore fatigué, s'assiérait bien sur le dos de
l'éléphant-nuage qui le mènerait confortablement à l'école. Il
aimerait encore mieux s'allonger dans le lit-nuage. Il ne dormirait
pas, c'est sûr, il ne ferait que somnoler. Les minces lambeaux de
nuages qui s'effilochent et s'entremêlent autour du lit-nuage
ressemblent à de la choucroute. De temps en temps, Paul
prendrait bien une portion de choucroute dans le bleu du ciel. Paul
est arrivé à l'arrêt du tram. Un tramway, certes, ce n'est pas une
locomotive-nuage, mais ce n'est quand même pas rien. Paul se poste
derrière le conducteur et le regarde actionner la sonnette puis
démarrer.
En
fait, Paul n'aime pas cette sonnette. Elle lui rappelle que le temps
passe et que l'école va commencer. Les passagers se bousculent; il
faut que Paul fasse bien attention de ne pas être emporté dans
cette bousculade. Un vieux monsieur dit à un autre monsieur, plus
jeune: « Tous les matins, je prends ce tramway, et tous les matins
c'est le même cirque. On te secoue, on te cahote à te faire
passer les derniers restes de fatigue si jamais tu étais encore
fatigué! » Le tramway secoue et cahote en poursuivant sa route,
mais Paul n'écoute pas plus longtemps l'entretien matinal des
deux hommes. Il s'aperçoit qu'il commence à pleuvoir.
Après
sa rencontre avec un éléphant-nuage, Paul ne s’étonne pas de
voir surgir devant l’école un homme dont l’aspect couperait le
souffle même à un garçon plus grand que Paul.
L’homme
ouvre un grand parapluie vert, monte sur une caisse de bois qui
ressemble à une valise et se met à chanter ! Mais ce n’est
pas véritablement un chant. Paul croit entendre à la fois un
corbeau, une planche de grenier et un ours.
L’ours
grogne, la planche craque et le corbeau croasse :
Reprends
vos prépositions
Aux
meilleures conditions.
Enlève
vos attributs en lots,
Contre
salade de mots.
Vous
débarrasse à prix fixe
De
vos consonnes (sauf x).
Cédez
présents et parfaits
Contre
vos devoirs tout faits.
Paul
arrive juste à temps en classe. Aujourd’hui Paul a science nat’,
mathématiques, russe, français, français, russe. Les cours sont
comme tous les jours. Paul ne travaille pas plus qu’à l’habitude,
il ne travaille pas moins non plus. Il attend plus impatiemment
aujourd’hui la grande récréation pour discuter de l’entraînement
avec tous les joueurs de son équipe de foot.
Les
cours finis, Paul rentre vite à la maison. Il a oublié l'homme à
la valise de bois et sa chanson.
Paul
a décidé de se débarrasser de ses devoirs de classe avant
l'entraînement de foot. Paul allait juste ouvrir son cahier de
français quand on sonne à la porte. Paul entrouvre un peu la
porte et il en oublie de refermer la bouche ! L'homme à la
valise de bois se tient sur le seuil.
— Je
m'appelle Filolog, dit l'homme d'une voix grondante, craquante et
croassante. J'ai une proposition à te faire, ajoute-t-il en tapant
sur sa valise.
Paul
répond :
— Mes
parents travaillent,
reviens plutôt ce soir, s'il te plaît !
Mais
l'homme poursuit :
— Je
me charge de tous tes devoirs de classe pendant une semaine si tu me
donnes toutes tes prépositions et... disons, par exemple, tes
articles définis. Ce n'est pas grand-chose.
Paul
réfléchit et réplique :
— Mais
comment est-ce que je te donnerais mes prépositions et quoi que ce
soit de ce genre ? Je ne les ai pas dans mon placard.
— Tu
dis que tu me les donnes, un point c'est tout. Et bien sûr, je te
fais un reçu.
Alors
Paul se dit : « Toute une semaine sans devoirs à la maison...
Et il me suffit de dire : "Je te donne mes prépositions, et...
et quoi ? Ah, oui, mes articles définis." Si ce n'est que ça.»
Paul a décidé : — D'accord, je te donne mes prépositions et
mes articles définis.
Il
conduit l'homme jusqu'à sa chambre. Filolog pose son grand parapluie
vert dans un coin, ouvre sa valise en bois et en sort un bloc-notes.
Pendant qu'il rédige le reçu, Paul voit ce que contient la valise.
Elle est remplie de petites boîtes en bois et chaque petite
boîte porte une étiquette. Paul lit sur une étiquette le mot
« pronoms » et un nom qu'il croit connaître. Paul se souvient
que c'est celui d'un élève de la classe au-dessus, il se dit : «
Je ne suis donc pas le seul. »
Filolog,
assis au bureau de Paul, tend le reçu à Paul et s'attaque
immédiatement à ses devoirs.
Paul
fourre le reçu dans la poche de son pantalon et dit :
— Je
vais stade.
Filolog
arbore un sourire satisfait.
Le
soir, la maman de Paul demande si Paul a fait ses devoirs.
— Oui,
répond Paul.
— Et
qu'est-ce que tu as fait d'autre ? demande la maman de Paul.
— Oh,
répond Paul, je suis allé entraînement foot. Ensuite nous sommes
allés marchand de glaces.
La
maman de Paul fixe Paul avec de grands yeux, mais elle ne dit rien.
Elle pense que Paul a sans doute encore inventé un nouveau jeu.
A
propos de la pluie qu'il a reçue le matin même, Paul raconte :
— Pluie
s'écrasait tramway, comme des vagues aussi hautes qu'une maison.
La
maman de Paul l'interrompt :
— Tu
ne vas quand même pas me raconter que le tramway a été écrasé
par la pluie !
— Mais,
je n'ai jamais dit ça ! rétorque Paul.
C’est
à l'école que les choses se gâtent vraiment. Les camarades de
Paul s'aperçoivent tout de suite qu'il y a quelque chose qui ne va
pas. Dès qu'il prononce une parole, tous les regards sont rivés sur
lui.
En
géographie, comme Paul est interrogé et que le maître lui demande
où se jette le Main, Paul répond :
— Main
se jette Rhin.
Tout
le monde rit, même les amis de Paul. Le professeur reprend :
— Le
Main ne se jette rien du tout, Paul.
Au
directeur qui passe dans le couloir pendant la récréation et veut
savoir si le professeur est encore dans la classe, Paul répond :
— Non,
il n'est pas classe.
Le
directeur en reste une seconde sans voix. Dans son affolement,
Paul oublie ce que dit le directeur. Ce n'est en tout cas rien de
très agréable.
Mais
être dispensé de devoirs à la maison, Paul trouve quand même ça
vraiment bien. Enfin, il peut faire ce qui lui plaît en sortant
de l'école. Ce qu'il préfère c'est jouer au football. Mais il est
tout seul. Les autres ne viennent au stade que lorsqu'ils ont
terminé leurs devoirs. Qu'est-ce que Paul pourrait bien faire
pendant ce temps ? Il s'allonge dans l'herbe et regarde le ciel.
Paul
s'ennuie.
Le
lundi suivant, la semaine sans devoirs est écoulée. Paul revient de
l'école et soupire déjà parce qu'il trouve qu'il aurait dû être
libéré plus d'une semaine. Paul ne prend plus vraiment plaisir
à regarder ce qu'il y a à voir, parce qu'il ne peut plus vraiment
le raconter comme il faudrait. Il n'a pas non plus vraiment plaisir à
parler. Ses camarades se moquent de lui, le professeur pense qu'il
fait de mauvaises plaisanteries, et le directeur se fâche.
«
J'aurais dû exiger au moins deux semaines », se dit Paul, et il
s'assied à son bureau.
C'est
alors que la sonnette retentit; Filolog est sur le pas de la porte.
Paul l'invite à entrer et dit:
— Il
faut que tu me donnes encore une semaine.
— Bon,
mais pas gratuitement, craque la planche de grenier.
— Qu'est-ce
que tu veux en échange ?
— Je
veux toutes tes formes verbales, croasse la voix.
— Toutes
mes formes verbales ? S’enquiert Paul, effaré.
— L'infinitif,
tu peux le garder, ça m'est égal, grogne l'homme.
Paul
réfléchit : « Après tout, pense qu'il fait de mauvaises
plaisanteries, et le directeur se fâche.
«
J'aurais dû exiger au moins deux semaines », se dit Paul, et il
s'assied à son bureau.
C'est
alors que la sonnette retentit; Filolog est sur le pas de la porte.
Paul l'invite à entrer et dit :
— Il
faut que tu me donnes encore une semaine.
— Bon,
mais pas gratuitement, craque la planche de grenier.
— Qu'est-ce
que tu veux en échange ?
— Je
veux toutes tes formes verbales, croasse la voix.
— Toutes
mes formes verbales ? S’enquiert Paul, effaré.
— L'infinitif,
tu peux le garder, ça m'est égal, grogne l'homme.
Paul
réfléchit : « Après tout, l'infinitif suffit peut-être. Et je
pourrais aller me baigner tous les après-midi, en attendant que les
autres viennent jouer au foot. En plus, cet après-midi, il y a un
cirque ! »
— D'accord,
répond Paul.
Filolog
ouvre la valise, en sort une nouvelle petite boîte sur laquelle il
inscrit « formes verbales » et, au-dessus, le nom de Paul.
Paul prend son reçu et part au cirque.
La
représentation ne commence qu'à quinze heures. Paul a le temps
de visiter d'abord la ménagerie. Devant les cages où sont couchés
les lions, Paul rencontre son ami Bruno. Paul lui demande :
— Toi
aussi, aller cirque ? Bruno s'étonne :
— Paul,
qu'est-ce qui t'arrive ?
— Rien,
répond Paul. Quand faire-tu devoirs ?
Bruno
s'exclame :
— Maintenant
arrête, Paul !
A
la caisse, Paul ne dit rien. Il donne l'argent à Bruno, et Bruno
achète deux billets d'entrée.
Avant
le début de la représentation, Paul demande encore :
— Qu'être
ce qui te plaire le plus, acrobates ou dompteurs ?
— C'est
toi qui cou mu n< » ,i in< plaire !
Alors
Paul se tait jusqu’à la fin de la représentation, il aurait
pourtant bien aimé dire quelque chose.
A
la fin, Bruno a presque mauvaise conscience.
Le
soir, à table, Paul veut à tout prix parler du cirque à ses
parents.
— Merveilleux
être dressage, dit-il. Un tigre sauter à travers un cerceau
enflammé. Un éléphant asseoir grand tabouret.
Les
parents de Paul sont profondément affligés d'entendre Paul
parler ainsi. Il leur a toujours raconté ses journées au dîner, et
maintenant il ne sait plus faire que des phrases de ce genre.
Son
père, qui ne veut rien laisser paraître, lui demande :
— Et
les acrobates ?
— Il
y avoir trapézistes et un funambule, répond Paul. Funambule
tenir un parapluie chaque main et porter épaules une fille.
Cette
fois, Paul voit bien que ses parents sont profondément attristés.
Paul
parti dans sa chambre. Maman dit :
— Au
début, j'ai cru qu'il avait inventé un nouveau jeu. Mais ça n'a
plus rien du jeu. Qu'est-ce qui peut bien lui arriver?
— Peut-être
est-il malade? s'interroge le père.
La
mère reprend :
— Non,
certainement pas. Je m'en serais aperçu. Il doit y avoir autre
chose. Mais quoi?
— Attendons,
répond le père. Il faut que nous prenions patience.
A
l'école, Paul parle le moins possible. Ses camarades sont là,
attendant qu'il ouvre la bouche pour pouffer de rire. Ils sont
persuadés que Paul a trouvé un truc pour se payer la tête du
professeur. Seul Fritz, qui n'a jamais été l'ami de Paul, dit
à Paul pendant la récréation :
— Être
petit bout, falloir aller maternelle. Ou rester jupe à sa maman.
Pour
finir, le professeur appelle Paul et se fâche :
— Si
cela continue, nous allons te dire deux mots. Qu'est-ce que tu crois
exactement? Tu imagines que tu peux tout te permettre,
hein? Ressaisis-toi, s'il te plaît, et arrête tes sottises !
Le
troisième lundi, Paul dit à Filolog :
— Je
ne pouvoir plus rien faire tout seul. Tu ne devoir pas me laisser
tomber maintenant.
Filolog
est content. Mais, bien sûr, il ne fait rien pour rien ! Paul
proteste :
— Tu
avoir déjà pris assez ! Mais Filolog reste intraitable. Pour finir,
Paul cède :
— Alors,
tu vouloir quoi ? Et Filolog répond :
— De
tous les mots qui commencent par deux consonnes, je demande la
première des deux, ce n'est pas une affaire.
Dès
le lendemain, Paul mesure l'ampleur des dégâts.
Au
déjeuner, sa maman lui demande de faire les courses en sortant de
l'école. Paul doit acheter une part de brie, des quenelles
de brochet, deux grappes de chasselas, une frisée. En plus, sa mère
a besoin d'un paquet de frites congelées pour accompagner les
brochettes.
— Tu
veux que je te fasse une liste, ou est-ce que tu t'en souviendras
? interroge la maman de Paul.
— Pas
liste.
A
la sortie de l'école, Paul va à la petite épicerie du coin. La
vendeuse lui demande :
— Qu'est-ce
qu'il te faut, Paul ? Paul débite d'un trait la commande de sa
mère :
— Une
part de rie, des quenelles de rochet, deux rappes de hasselas, une
risée. Et un paquet de rites congelées pour accompagner les
rochettes.
La
vendeuse, qui a entendu parler de ce qui arrive à Paul, répond en
s'efforçant de garder son sérieux :
— Je
regrette, Paul, nous n'avons pas ça. Il faut que tu essaies
ailleurs.
Paul
sort en trébuchant. Tout l'après-midi, il arpente les rues de la
ville. Il s'apprête à renoncer, lorsqu'il aperçoit enfin
Filo- log sortant d'une maison. Filolog porte dans la main gauche son
parapluie, dans la main droite sa valise en bois.
— Filolog
! appelle Paul. Filolog se retourne et attend. A bout de souffle,
Paul s'arrête
devant
Filolog et lance le plus vite qu'il peut :
— Je
vouloir tout reprendre ! Mais Filolog se contente de lui éclater de
rire au nez.
— N'importe
qui peut venir me dire ça, répond-il. Nous avons conclu un marché,
sérieux, et basta. Ou bien, est-ce que par hasard je n'aurais pas
fait tes devoirs ?
Paul
est désespéré.
— Je
te donner mes indiens, mes voitures, et même mon racteur. Et mon
ballon de foot! dit Paul.
Filolog
rit.
— Je
ne collectionne pas ce genre d'objets, réplique-t-il, mais j'ai une
idée.
Il
ouvre sa valise et en tire une feuille de papier.
— Je
te rendrai tout, déclare-t-il, si tu trouves tout ce qui manque sur
cette feuille. Tu as un jour de délai. Nous nous retrouverons ici
même.
Paul
arrache le papier des mains de Filolog et rentre chez lui en courant.
Sa maman est très en colère parce qu'il n'a pas fait les courses.
Maintenant il faut qu'elle aille faire les commissions
elle-même, alors qu'elle est fatiguée par son travail. Paul
s'éclipse dans sa chambre et lit la page de Filolog. Et voilà ce
qu'il lit :
De
son côté, Filolog, rentré chez lui entre-temps, fait des bonds
autour de la table et lance ses petites boîtes en l’air en
chantant :
Fol
de Paul
mais
dans sa tête a pensé
qu'avec
une ça irait,
et
l'autre il me l'a donnée.
Ce
que j'aurai il n'a pas,
ce
que j'ai il n'aura pas.
Filolog
est si content du malheur des autres qu'il en devient écarlate.
Il faut qu'il reprenne son souffle, il s'assied sur sa valise en
bois, haletant : « Il n'aura pas, n'aura pas... » Paul n'en dort
pas pendant la moitié de la nuit. Le lendemain, il demande à Bruno
de l'aider. Ils se retrouvent chez Paul après la classe et Paul
trahit son secret à Bruno.
— Dis
donc, mon vieux, tu as fait n'importe quoi !
— Je
savoir bien, répond Paul, mais que vouloir tu que je faire
maintenant ?
— Il
faut que tu réapprennes tout ce que tu as donné à Filolog, répond
Bruno.
— Et
comment ? demande Paul.
Et
pour ce que tu n'arriveras pas à trouver, je t'aiderai. Aussitôt
dit, aussitôt fait. Paul ouvre sa grammaire et s'aperçoit qu'il
faut dire : « Il y avait un homme... »
Il
essaie toutes les consonnes devant le « r » de « rosses » et
découvre que c'est un « g » qui manque :
— J'y
être ! s'exclame-t-il, la première phrase dit : « Il y avait
un homme grosses oreilles. » Être ça Bruno ?
— Non,
répond Bruno, il manque encore quelque chose.
Paul
consulte à nouveau sa grammaire et dit :
— «
Il y avait un homme avec grosses oreilles. » Non, « ... avec de
grosses oreilles ».
— Juste
! proclame Bruno. Phrase après phrase, Paul rétablit les
choses. Il faut parfois que Bruno vienne à son secours. Ce n'est pas
si facile que cela pour Bruno. Mais ça l'est quand même plus, parce
qu'il a tout dans sa tête. Paul doit au contraire se reporter
constamment à sa grammaire ou à son dictionnaire.
A
la fin, la page est entièrement gribouillée; Paul a corrigé au
feutre bleu et voilà le résultat :
Bah
! Le reste, Paul ne veut plus en entendre parler.
Il
se fait tard. Paul met la feuille dans sa poche. Bruno l'accompagne
au rendez-vous du coin de la rue.
Filolog
est déjà là. Paul lui tend la feuille sous le nez et, colère,
Filolog lâche sa valise en bois. — Bon, d'accord, grogne-t-il. Il
fouille
à grand-peine dans sa valise, en tire quatre boîtes qu'il ouvre et
dont il vide le contenu.
— Voilà,
croasse-t-il. Paul ajoute encore :
— Quant
à moi, je ne te donnerai plus jamais rien, pas la moindre
petite syllabe !
Il
se retourne et s'en va avec Bruno.
Filolog
l'entend seulement crier :
— Filolog,
coupeur de mots, coupeur de langue !
FIN
Mathématiques
Entraînement, techniques opératoires
1 Effectue les divisions suivantes
543 divisé par 7
468 divisé par 5
3098 divisé par 9
239 divisé par 16
4084 divisé par 24
2 Effectue les additions et soustractions suivantes :
34,9 + 2,49
0,007 + 2,046
12,34 + 0,0098
23,56 - 23,42
23,56 - 12, 789
3 Effectue les multiplications suivantes :
23,4 x 17
23,45 x 17,2
2,345 x 2,3



